Comme souvent, je retrouve Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche en charge des relations extérieures, en soutien à un mouvement social. Ce jeudi 23 mai 2013, c’est en soutien aux salariés précaires d’EDF et de ses sous-traitants, à l’appel de SUD Energie. L’initiative terminée, nous prenons le temps d’un rapide déjeuner pour faire
Eric Coquerel : « La majorité alternative est notre feuille de route »
Alain, la Le Pen, le squelette et les menaces
L’extrême-droite et les piscines, c’est une longue tradition. Qu’ils s’y cassent le cul ou qu’ils y noient leurs adversaires, les fascistes ont toujours aimé les piscines. Ils en sont souvent propriétaires dans leurs gentilhommières des beaux quartiers, parce qu’un fasciste est, bien souvent, issu des beaux quartiers même si les dirigeants des officines factieuses savant
Réforme des retraites : de l’exonération à la privatisation
On y est. Le Parti socialiste, qui défilait tous drapeaux dehors contre la réforme menée par l’UMP en 2010, se lance dans sa propre révision du système des retraites. Les discussions ont commencé lundi, elles se poursuivront dans le cadre d’une conférence sociale. Le MEDEF a donné le ton en revendiquant un recul de l’âge
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Romuald se réveille avec la langue pâteuse, la bouche qui exhale une odeur lourde et un peu écœurante, des coups de marteau sous le crâne. Des coups en rythme, un peu comme quand il est à l’usine, sa petite usine de métallurgie. Il jette un œil hagard autour de lui. A côté, une forme incrustée
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Eric Coquerel : « La majorité alternative est notre feuille de route »
Comme souvent, je retrouve Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche en charge des relations extérieures, en soutien à un mouvement social. Ce jeudi 23 mai 2013, c’est en soutien aux salariés précaires d’EDF et de ses sous-traitants, à l’appel de SUD Energie. L’initiative terminée, nous prenons le temps d’un rapide déjeuner pour faire le point sur la situation politique, à deux jours du premier conseil national du PG.
Trois semaines après le 5 mai et à une semaine de ses répliques en région, comment analyses-tu la situation politique pour le PG et le Front de gauche plus largement ?
Eric Coquerel : Si nous devons garder une image du 5 mai, c’est celle du tremplin. L’énergie existait, nous la sentions disponible. Le 5 mai a donné de la confiance à cette énergie. Nous allons en avoir un bon aperçu avec les répliques des 1er et 2 juin qui correspondent à une attente, notamment de celles et ceux qui, faute de moyens, n’ont pas pu venir le 5 mai. A cette heure, il y a déjà une quarantaine de rassemblements programmés, de tailles bien différentes, dont des marches significatives. Nous n’avons pas eu besoin de donner de consigne « au bouton de guêtre », les gens, nos concitoyens, ont envie de faire, de descendre dans la rue.
Il y a aussi d’autres mobilisations qui se profilent…
Oui, il faut noter la marche des femmes contre l’austérité qui s’annonce déjà comme un succès avec plusieurs milliers de participants. Et puis, il y a le 16 juin, avec les Assises en vue d’un projet alternatif face à la politique du gouvernement à laquelle le Front de gauche est opposé. C’est un moment important qui sera marqué de la présence de syndicats, d’associations, d’acteurs et d’actrices du mouvement social. En parallèle, il y a d’ores et déjà des premiers mouvements de mobilisation contre la réforme des retraites.
Est-ce que les mobilisations politiques et les mobilisations sociales peuvent se rencontrer à terme ?
Chacun, tour à tour, est à l’origine d’initiatives, dans son champ respectif. Le Front de Gauche initie le 5 mai ; les syndicats mobilisent contre la réforme des retraites. Mais ces mouvements tendent, de plus en plus, à converger. Le 5 mai, par exemple, des syndicats ont tenu à montrer qu’ils étaient là avec leurs camions, leurs drapeaux, leur cortège. Nous sommes aussi présents ès qualité de Front de gauche dans chaque mobilisation sociale, tu l’as vu encore il y a quelques minutes. Cette convergence, dans le respect de l’indépendance de chacun, c’est un élément nouveau.
Je crois que la reconnaissance de la capacité du Front de gauche à fédérer autour de lui change complètement la donne.
Pour Regards, j’ai rendu compte du 5 mai en parlant d’une majorité alternative en marche. Est-ce que tu partages cette analyse ?
C’est le début d’un processus. Nous pensons qu’à l’intérieur même du quinquennat, en fonction de l’électorat qui a chassé Sarkozy, il y a la possibilité d’une majorité alternative. Le 5 mai en a marqué les prémices. Il y avait trois des cinq candidats de gauche à la présidentielle avec Eva Joly et Philippe Poutou. Les amis d’Europe Ecologie – Les Verts sont venus nombreux. Il y avait des syndicats, je l’ai dit, qui ont toute leur place, en tant que tels, dans la construction que nous ouvrons. Et puis, il y a eu cette masse : 180 000 personnes. Nous avons dépassé nos seules forces militantes pour commencer à toucher le peuple de gauche.
Nous avons désormais un an devant nous, avec la perspective des élections européennes. Si nous passons devant le parti socialiste, comme c’est possible, la donne politique est bouleversée. Si nous réussissons, tout aura bien commencé le 5 mai.
Est-ce que cette fameuse majorité alternative est la feuille de route du Parti de gauche et, au-delà, du Front de Gauche ?
Elle est totalement partagée dans le Front de gauche puisqu’elle figure dans l’orientation que nous avons définie en janvier dernier. Le constat est simple : face à la politique qui est menée, nous ne pouvons pas attendre – le peuple de gauche ne peut pas attendre – 2017. L’orientation de plus en plus droitière que prend le gouvernement fait de cette feuille de route une évidence, une nécessité absolue.
Sans anticiper sur les débats qui auront lieu au conseil national du PG ce week-end, quel rôle imagines-tu pour notre parti, pour ses militants ?
Comme depuis le début, nous devons être celles et ceux qui font vivre le Front de Gauche, celles et ceux qui œuvrent à son élargissement. Nous devons aussi avoir la préoccupation permanente que le Front de gauche devienne le Front du peuple. Cela implique d’interpeller celles et ceux qui, dans la majorité présidentielle, se posent des questions. Nous avons le devoir de maintenir le lien avec le mouvement social. Enfin, il nous faut nous adresser à toutes celles et tous ceux qui, refusant le clivage droite-gauche, attendent une nouvelle offre politique, de nouvelles pratiques.
Cela nécessite d’être au cœur du rassemblement…
Et cela impose aussi d’être clairement dans un rapport de forces face au gouvernement, face à cette politique d’austérité qui casse les derniers liens sociaux. Cela nous impose de porter clairement une alternative. Dans ce cadre, pour les élections municipales, il est inenvisageable, pour le Front de Gauche, de participer à des listes dominées par des partis qui se reconnaissent dans la politique gouvernementale.
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Bonus vidéo : La Phaze « Nouveau Défi »
Alain, la Le Pen, le squelette et les menaces
L’extrême-droite et les piscines, c’est une longue tradition. Qu’ils s’y cassent le cul ou qu’ils y noient leurs adversaires, les fascistes ont toujours aimé les piscines. Ils en sont souvent propriétaires dans leurs gentilhommières des beaux quartiers, parce qu’un fasciste est, bien souvent, issu des beaux quartiers même si les dirigeants des officines factieuses savant mettre en avant quelques communs issus du peuple comme alibis à leurs idées toutes en défense de l’oligarchie. Bref, nous avons appris que l’héritière de Montretout ne déroge pas à la règle. Elle s’est cassé les os dans sa propre piscine et pas celle d’Hénin-Beaumont.
L’extrême-droite et la bataille idéologique, ce n’est pas une longue tradition. Cette mouvance politique, quand elle est prise au piège d’une argumentation bien rodée, ne trouve d’échappatoire que dans l’anathème, la menace et, pour finir, la violence physique. Mon ami Alexis Corbière en a fait régulièrement l’expérience. Tout récemment, c’est mon tout aussi excellent ami Alain Bousquet qui a pu le mesurer grâce à la vilénie de pseudos journalistes œuvrant pour un site Internet.
De retour après avoir déposé une main-courante suite à la publication du dernier billet de mon blog et l’avalanche de tweets d’insultes, de menaces, et de coups de fil anonymes qui me sont tombés dessus après que les « journalistes » d’info-bordeaux aient la magnifique idée de publier mon nom, mon adresse, ma photo et mon numéro de téléphone sur twitter.
Voilà ce que je découvre, ce matin, en jetant mon œil habituel sur facebook, entre le café et les infos télévisées. Là, mon sang ne fait qu’un tour. On ne s’en prend pas impunément à mon ami Alain. En même temps, je le connais, je le sais capable de coups de sang, tête dure qu’il est. D’un autre côté, comme moi, il est incapable de dépasser les lignes rouges. Nous ne sommes pas de ces gauchistes qui s’amusent à se faire peur. Alain, singulièrement, est de ceux qui pèsent chaque mot avant de les poser sur le fichier. J’ai donc été lire sa prose, commençant par un titre qui claque : « Puisque la Le Pen a des os, il faut les lui briser ! ».
Oh, le méchant titre que voilà, l’appel à la violence à peine déguisé ! Honte sur l’auteur de cette exhortation à s’en prendre à une faible femme ! Evidemment, je déconne. Parce qu’il faut lire Alain jusqu’au bout pour saisir le fil de sa pensée :
La truie a des os, qui s’ordonnent autour de la finance et de la loi du plus fort, la truie a un squelette qui charpente une masse informe qui répand la haine et la confusion !
Qu’elle se casse le croupion dans une piscine vide ne doit pas que nous réjouir, c’est bien évidemment le bon moment pour lui botter le cul !
Voilà sa conclusion. Le squelette de la Le Pen, c’est le service de l’oligarchie. Sa graisse, qui masque ces os et leur articulation, c’est un langage qui se veut peuple. Dans une interview accordée au quotidien Midi libre, un ancien militant de l’ultra-droite détaille ce mode de fonctionnement : comment les mots sont travestis pour faire passer comme banale une pensée qui ne l’est pas.
Nous considérions que les médias mentaient tous, que nous vivions dans un Etat « ripoublicain », corrompu par des élites mondialistes, que la race blanche était en danger, tout ça. Et comme on était peu nombreux, on a surtout utilisé internet. C’était pratique pour faire passer nos messages, et ça ne coûtait pas d’argent. Je sais qu’au Bloc (Bloc identitaire, NDLR) et au FN ils ont des méthodes analogues, l’essentiel de celles que nous utilisions venaient d’ailleurs de leur fascicules de formation des militants.
Plus loin, le « repenti » enfonce le clou. Il démonte le système d’arguments de l’extrême-droite qui n’a pour but que de protéger l’oligarchie :
Je vois maintenant une grande confusion des genres entre un discours qui prétend défendre les petites gens, les bons Français qui travaillent honnêtement, et le fait qu’on ne parle que d’insécurité, de montée de l’islamisme etc. au moment où il faudrait surtout parler d’économie et de salaire, qui est le nœud du problème. Pour moi, pendant des années, j’ai contribué à créer l’écran de fumée qui protège ceux contre lesquels je me battais vraiment au fond de mon cœur : les profiteurs.
C’est pour avoir dénoncé, sans fard et sans gants, cette réalité que mon ami Alain est aujourd’hui harcelé et menacé par une bande de lâches qui avancent masqués. A tout le moins, nous, nous signons de nos noms chaque mot que nous postons sur la toile. Parce que nous incarnons le bloc des idées que nous défendons.
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Bonus vidéo : Billy Bragg « All You Fascists Bound To Lose »
Réforme des retraites : de l’exonération à la privatisation
On y est. Le Parti socialiste, qui défilait tous drapeaux dehors contre la réforme menée par l’UMP en 2010, se lance dans sa propre révision du système des retraites. Les discussions ont commencé lundi, elles se poursuivront dans le cadre d’une conférence sociale. Le MEDEF a donné le ton en revendiquant un recul de l’âge de départ à 65 ans et un nouvel allongement de la durée de cotisation à 43 annuités. Preuve s’il en est de l’échec des réformes de 2003 et de 2010.
Quand on mesure l’influence des organisations patronales auprès du gouvernement : du crédit d’impôt (20 milliards de cadeaux fiscaux) au refus de l’amnistie sociale en passant par l’Accord national interprofessionnel devenu loi, on est en droit de craindre le pire. C’est bien pour cela que la CGT appelle d’ores et déjà à « mettre sous la pression des travailleurs » la conférence sociale. Mais d’abord, prenons le temps de savoir de quoi nous parlons.
La retraite c’est d’abord et avant tout du salaire différé, tout comme les prestations de la Sécurité sociale ou l’assurance chômage. Durant notre activité salariée, nous abondons, via les cotisations sociales versées par l’employeur mais surtout par l’employé, un système solidaire de protection collective. Pour ce qui concerne les salariés, précisons que les actifs cotisent pour les retraités actuels ; sachant que l’actif d’aujourd’hui est le retraité de demain. Cela s’appelle la solidarité intergénérationnelle, c’est un élément de base du contrat social républicain. Mais ce simple rappel explique en quoi la question du taux d’emploi (ou du chômage) est centrale dans le financement des retraites.
Aujourd’hui, le régime de retraite est en déficit de plus de 15 milliards d’euros et les perspectives sont sombres. Une situation qui a un lien extrêmement direct avec le taux de chômage, je l’ai dit, mais aussi avec les bas salaires. Les cotisations sont acquittées par les personnes en emploi qui versent un pourcentage de leur salaire. Parce que, côté entreprises…
En 2011, les exonérations de cotisations sociales avaient augmenté de 55 % en neuf ans. C’est le dernier chiffre sérieux disponible. Ce sont essentiellement les entreprises qui bénéficient de ces exonérations. Selon l’Acoss, la caisse nationale des URSSAF, les entreprises sont dispensées de payer 20 % des cotisations qu’elles doivent théoriquement. Autour de 21 milliards d’euros (chiffre 2011) ont été engloutis dans des allègements de cotisations patronales sur les bas salaires (dits allègements Fillon), un montant en hausse de 44 % depuis 2002…
Dans ces conditions, chacun peut mesurer que l’allongement de la durée de cotisation n’aura que peu d’impact sur le niveau de cotisation et, par là, sur le financement des retraites. Ce constat empirique a d’ailleurs amené le gouvernement Fillon à faire une 2e réforme des retraites après celle menée par Raffarin en 2003. Imaginons que ce qui a échoué entre 2003 et 2013 fonctionne, mais ne nous leurrons pas.
Car il y a une autre donnée ! Ce pourrait être une bonne idée de reculer l’âge de départ à la retraite si, et seulement si, les seniors restent en poste. Hors, la réalité est cruelle. A l’échelle européenne, la France se place en queue du peloton avec un taux d’emploi des 55-64 ans de 39,7 % quand la moyenne de l’Union européenne à 27 est de 46,3 %. En Allemagne, ce taux atteint 57,7 %, il atteint 70,5 % en Suède ! Etonnement ( !), c’est passé la cinquantaine qu’un salarié touche son salaire au niveau le plus élevé… Donc, qu’il cotise le plus aux caisses de retraite y compris complémentaires.
Cet état des lieux permet d’affirmer que les solutions esquissées par le gouvernement actuel, dans la même philosophie que les précédents, n’auront pas plus d’effet que les deux réformes récentes. Mais ce n’est pas leur but. Le vrai objectif reste la libéralisation du « marché » de la protection sociale, en premier lieu celui des retraites. C’est que la France est en « retard » en matière de retraite par capitalisation (c’est-à-dire basée sur des placements en bourse, les fameux fonds de pension).
D’ailleurs, l’Europe ne cache pas son ambition. Outre le recul de l’âge de départ, l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) préconise de « promouvoir davantage les retraites privées afin d’augmenter le montant des pensions ». Pour contraindre gentiment les Français de recourir à la capitalisation, quoi de mieux que de réduire le montant des pensions et de rendre inaccessible la retraite à taux plein ? Ils choisiront alors d’eux-mêmes de se livrer pieds et poings liés aux fonds de placement.
Au fond, il s’agit bien de livrer aux entreprises privées d’assurance : fonds de pension et fonds de placement un « marché » dont le montant global est supérieur au budget annuel de l’Etat. Mais, derrière, il s’agit aussi d’un projet de société qui vise à atomiser le corps social dans son ensemble en liquidant tous les aspects collectifs et solidaires du contrat social.
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Bonus vidéo : Vreid « And Then We Die »














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